Dans l'industrie de l'huile comestible, le raffinage de l'huile de soja représente une étape clé pour garantir un produit final stable, clair et durable. La maîtrise rigoureuse des paramètres techniques, en particulier le contrôle précis de la température et le dosage adéquat des agents chimiques, conditionne la qualité et la sécurité de l'huile. Cet article se concentre sur les principes essentiels du processus de raffinage, en décomposant chaque phase technique et en comparant trois systèmes de raffinage majeurs : batch, semi-continu et continu.
Le raffinage vise d’abord à éliminer les impuretés telles que les phospholipides (dégommage), les acides gras libres (neutralisation), les pigments (découleur) et les odeurs indésirables (désodorisation). Ces opérations assurent non seulement la pureté mais aussi la stabilité oxydative, la clarté visuelle et le goût neutre, critères indispensables pour la consommation alimentaire.
Expertise Technique : « Une variation de ±2°C lors de la neutralisation peut entraîner une variation jusqu’à 15% de la teneur résiduelle en acides gras libres, impactant directement la durée de conservation. » – Dr. Marie Dubois, ingénieur lipidique.
• Dégommage (désactivation des phospholipides) : effectué à 65–75°C, avec ajout d'eau chaude et souvent de citrique ou d’acide orthophosphorique (<0,05 %) pour faciliter la sédimentation des gommages. Une température supérieure à 78°C risque de dégrader les phospholipides, compromettant l’efficacité.
• Neutralisation (élimination des acides gras libres) : maintenue idéalement entre 70–80°C. L’ajout d’hydroxyde de sodium doit être précisément calculé sur la base de l’acidité initiale, typiquement à 0,05–0,15 % en masse, pour éviter un excès d'alcali qui favoriserait les savons et les pertes d’huile.
• Découleur (élimination des pigments) : température variant selon le système, entre 100 et 120°C. Les terres décolorantes sont dosées à 1–3 % ; une surdose engendre des pertes coûteuses, tandis qu’une sous-dose compromet la clarté.
• Désodorisation (suppression des composés volatils) : réalisée sous vide poussé à 210–230°C. Cette étape requiert un contrôle thermique très précis : une température trop basse réduit l’efficacité, tandis qu’une température excessive peut altérer les acides gras essentiels.
| Critères | Batch | Semi-Continu | Continu |
|---|---|---|---|
| Précision du Contrôle Température | ±3°C | ±1.5°C | ±0.5°C |
| Utilisation des Agents | Moins optimisée, pertes 5-8% | Optimisée, pertes 3-5% | Très optimisée, pertes <3% |
| Automatisation | Manuelle, opérateur dépendant | Semi-automatisée | Automatisée avancée avec contrôle en temps réel |
Le choix du système doit s’aligner avec la capacité de production et le niveau d’automatisation souhaité. Le système continu permet d’atteindre la constance et l’efficacité énergétique, essentiel pour les gros volumes industriels.
Un exemple fréquent concerne un chauffage excessif en phase de désodorisation : cela peut provoquer une oxydation prématurée, générant un goût rance et une couleur foncée inacceptable. Par ailleurs, un usage trop généreux d’agents alcalins lors de la neutralisation provoque une augmentation des boues et une dégradation des rendements d’extraction, avec une chute de qualité perceptible dès les premières semaines de stockage.
Les standards sécuritaires, notamment la norme GB 2716 applicable en Chine, établissent des seuils stricts pour les résidus chimiques et la stabilité microbiologique, qui doivent impérativement guider l’élaboration des protocoles internes pour garantir la conformité FDA ou EFSA dans les marchés occidentaux.